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SQUATT

PATISION 61 & SKARAMANGA


Il faut continuer…
…Pour des raisons historiques, sociales voire personnelles, pour la
lutte des classes, et bien sûr du fait de  l’assassinat d’Alexis par
le flic Korkoneas, nous sommes de ceux-elles qui se sont rencontré-e-s
dans les rues et les occupations d’un décembre en révolte. Un
événement majeur, une étincelle qui a enflammé paix sociale et
consensus, un début d’explosion sociale sans précédent. Une explosion
qui a remis en cause à tant de niveaux l’étouffante normalité de nos
vies. Ce décembre en fête a tout chamboulé : ignorance et solitude se
sont transformées en un « nous » gai, sauvage et collectif qui a
conquis les rues. Ce décembre a attaqué la démocratie, ses fantasmes
et les gardiens qui l’accompagnent ; il n’avait aucune revendication,
ne priait pour rien ni personne, il autogérait son quotidien dans les
bâtiments occupés. Cette fête de décembre a engendré une critique
acerbe du soliloque marchand en détruisant et en pillant les lieux
sacrés de la consommation, en redistribuant les richesses, en
paralysant le centre-ville. Décembre a ignoré les gauchisantes
trahisons qui voulaient jouer le rôle d’intermédiaires, les laissant
bégayer leurs âneries sociologiques dans les écrans de télé. Décembre
a fait taire les cris d’orfraie des journalistes en montrant de
manière manifeste que celui qui veut comprendre ce qui se passe n’a
qu’à sortir de chez lui. Même si ce ne fut que provisoire, ce décembre
en révolte a supprimé le rôle du Spectacle et la distinction entre les
sexes : dans les situations où le plus important n’est pas celui-celle
qui fait mais ce qui se passe, des milliers de personnes opèrent comme
un corps uni.
D’un autre côté, ils se sont mis en branle dés qu’ils ont su se
réorganiser, l’État, les patrons et toutes les autres canailles qui
ont toujours eu intérêt à ce que rien ne change. Ils se sont prévalus
du retour à la normale pour mettre au travail toutes les forces
disponibles : les flics et les milices paramilitaires, bien sûr, mais
aussi les sociologues et les artistes engagés. Les autres, ils disent
que ce ne sont là qu’extrémistes, gangs, anti-grecs, provocateurs… Et
que ces gens-là , les extrémistes, les anti-grecs iraient même jusqu’à
remettre en cause le droit des autres à fêter paisiblement Noël. La
pseudo-autocrtique de ces adultes envers leurs enfants a amené
l’arrestation de 265 révolté-e-s et la détention préventive de 65
d’entre eux-elles. Ces autres ont tout fait pour transformer les
événements de décembre en une « triste parenthèse » de sorte qu’à la
fin, les extrémistes et les anti-grecs soient puni-e-s, et que
ceux-elles qui se soient laissé  entraîneraient aient bien retenu la
leçon…

Il faut continuer…
…une forme de réalité continue à se nourrir de la révolte de
décembre. Dans ce conflit, chaque camp reste en lutte. Ce n’est qu’à
travers le prisme de décembre qu’on peut comprendre des événements
tels que l’attaque à l’acide contre la syndicaliste Konstantina
Kouneva, la tentative d’attentat à la grenade contre le centre social
d’aide aux immigrants, mais aussi les déclarations sur la
restructuration de l’arsenal militaire et législatif de l’état, ainsi
que la volonté affichée de réveiller les réflexes les plus
réactionnaires de la société.
Mais, dans le même temps, des larges pans de la société développent
constamment discours, actions, et pratiques subversives qui ont comme
point de référence les événements de décembre. Que ce soit dans les
stations de métro, les gares, les centres de la bureaucratie
syndicale, les bureaux, les secrétariats des hôpitaux, les parcs et
jardins publics, dans les quartiers et jusqu’aux lieux con-sacrés du
Spectacle et de la marchandise, les initiatives autogérées se
diffusent, s’enrichissent, deviennent des outils, des méthodes, des
inventions du quotidien et des moyens d’attaque contre le Capital et
la démocratie, deviennent des éléments constitutifs d’une vaste
procédure de radicalisation qui, de par sa durée, son intensité et sa
qualité, devient une nouvelle forme de société.

Il faut continuer…
…de tout ce qui précède, d’où que nous soyons, nous avons
collectivement décidé la réappropriation du bâtiment abandonné du 61,
rue Patission. Que cet espace soit le point de départ de la vie que
nous voulons construire. Qu’il devienne un espace autogéré ouvert à
tou-te-s à partir duquel nous allons prendre part à la conspiration
pour la destruction de ce monde. Qu’il soit contre toute forme de
hiérarchie et de pouvoir, contre toute médiation politique et
commerciale, contre tout rôle spectaculaire et toute distinction entre
les sexes. Et puissent, dans cet effort, des complices nous rejoindre…

LA RÉVOLTE À VENIR EST DÉJÀ PARTOUT

SOLIDARITÉ AVEC KONSTANTINA KOUNEVA

LIBÉRATION IMMÉDIATE DE TOUS LES EMPRISONNÉS DE LA RÉVOLTE DE DÉCEMBRE

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